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La presse en parle : "L'institut médico-légal a 20 ans"

  • Santé-Sciences-Technologie,
Date(s)

le 30 novembre 2018

Article de la Nouvelle République
Lieu(x)
Site Tonnellé

Popularisée par la littérature et les séries télévisées, la médecine légale n’est plus étrangère au grand public. Ce n’était pas le cas il y a vingt ans, où tout était à faire en ce domaine. Le professeur Pauline Saint-Martin dirige le service de médecine légale de Tours.

Il aura fallu des précurseurs comme le docteur Patrick O’Byrne pour que l’Institut médico-légal de Tours soit ce qu’il est aujourd’hui, à savoir un service à part entière, fort d’une douzaine de personnes, dont six médecins légistes, trois secrétaires et trois aides-soignants. Un service qui s’occupe des personnes décédées dans des circonstances suspectes, mais bien plus encore des vivants victimes de violences ou d’accidents.
“ Le geste est le même qu’il y a 150 ans ” Anésthésiste-réanimateur de son état, le Dr O’Byrne s’est pris de passion pour la médecine légale et se forme en parallèle de son activité aux urgences de Vendôme puis de Blois, avant de venir à Tours, où existe la volonté de développer l’activité de médecine légale. L’IML est lancé l’automne 1998… à l’essai. Six mois plus tard, l’essai est transformé.

Si le travail autour de la table d’autopsie reste fondamentalement identique – « le geste, c’est le même qu’il y a cent cinquante ans », indique l’actuel chef de l’IML, le professeur Pauline Saint-Martin –, c’est tout l’environnement qui est bouleversé : des règles d’hygiène aux analyses génétiques, en passant par les équipements propres (l’IML de Tours est le premier à être doté d’un scanner neuf).
Seul au début, le Dr O’Byrne a été rejoint (d’abord provisoirement) en 2002 par une jeune interne, passionnée tout comme lui. Après une année au bureau du coroner de Los Angeles en 2006-2007, elle a intégré l’IML et succédé à son mentor en 2011, en devenant le plus jeune chef de service de médecine légale de France. Elle avait alors 31 ans.
Si elle garde un excellent souvenir de cette année au service du coroner – « où le légiste est plus impliqué dans l’enquête et ses conclusions » –, le professeur Saint-Martin n’échangerait pour rien sa place à la tête d’un service aujourd’hui très étoffé (le nombre d’autopsies a été multiplié par quatre) depuis la réforme de la médecine légale de janvier 2011, et grâce à l’important soutien de l’hôpital et de la faculté de médecine (*).
« Je voulais faire un métier atypique, où je ne m’ennuierais pas, se souvient-elle. J’ai choisi médecine pour aider l’humain. Et la médecine légale pour aider ceux qui aident les humains. »

Si son expertise et celle de son service sont précieuses devant les cours d’assises de la région, pour expliquer si les constatations médico-légales sont compatibles avec telle ou telle hypothèse soulevée lors de l’instruction et jusqu’à l’audience, elle n’en oublie pas pour autant que la majorité de l’activité de l’IML s’adresse aux victimes vivantes. « Il y a beaucoup de situations de violence, constate-t-elle, dont une grande majorité qui touche les enfants, les femmes et les personnes âgées dans le milieu familial. »
Elles ne sauraient être oubliées mercredi prochain, à l’occasion de la célébration des 20 ans de ce service de pointe à l’hôpital Trousseau.
(*) La spécialité de médecine légale – quatre ans de formation – existe depuis un an.

Olivier BROSSET - Nouvelle République, Journaliste, rédaction de Tours

Article paru dans la Nouvelle République le 23/11/2018